Home À la Une Visite de Bordeaux, suivez le guide

Depuis que Bordeaux est classée au patrimoine mondial de l’UNESCO, la beauté et le prestige de la ville sont mondialement reconnus et le nombre de visiteurs se compte désormais en millions. Mais avant cela, le tourisme à Bordeaux a pris le temps d’évoluer. Rencontre avec un spécialiste du sujet : Philippe Prévot, responsable du service patrimoine de la ville à l’office du tourisme.
Un jour de soleil en juillet, dans le quartier St-Pierre, on se croit désormais comme en plein Montmartre : rares sont les promeneurs qui parlent français, nombreux sont les sacs banane et les appareils photos rivés à l’œil.
Bordeaux est désormais une vraie destination touristique, « Bordeaux » est un sésame, explique Philippe Prévot, c’est une porte d’entrée pour visiter toute la région. Le nom de la ville est celui d’un vignoble mondialement connu. Par contre, si on parle de la Dordogne, cela a moins de résonance chez les touristes».
On le sait, le vin et Bordeaux sont liés, depuis le début de notre ère. On enterrait même les bébés dans des amphores vers le IVème siècle (cf article sur les sous-sols de Bordeaux). La ville est devenue, au XIXème siècle, une véritable destination touristique grâce à sa notoriété vinicole associée à une beauté architecturale appréciée et reconnue. A l’époque, « le routard », c’était Stendhal, Gustave Flaubert ou encore Victor Hugo qui écrivait en 1843 : « …vous aimerez Bordeaux, même vous qui ne buvez que de l’eau et qui ne regardez pas les jolies filles». Les touristes ont commencé à arriver en nombre, conquis notamment par ces écrits.
Création du syndicat d’initiative
Pour mieux accueillir ces visiteurs et valoriser la ville, le syndicat d’initiative est créé le 16 mai 1905. Son objectif ? Renseigner les visiteurs et valoriser la ville en limitant la vitesse des voitures par exemple ou encore, en préservant les pigeons autour de la cathédrale. Comme à Venise, les volatiles, à l’époque, se multipliaient sous l’œil bienveillant des visiteurs. En les protégeant, on incitait alors les touristes à admirer les monuments avoisinants la cathédrale. Aujourd’hui, les temps ont bien changé : accusés de nuisances scatologiques, les pigeons sont plutôt invités à quitter le centre-ville.
En 1906, le premier guide de la ville est publié à 5 000 exemplaires. Bordeaux cherche ensuite à attirer les visiteurs de France et de Navarre en participant à des expositions comme en 1922 à Marseille ou encore en 1937 à l’exposition universelle de Paris (l’occasion alors d’éditer les premiers dépliants bilingues). Et de fil en aiguille, le nombre de touristes a augmenté ainsi que le nombre de visiteurs du syndicat d’initiative : en 1931, ils étaient 3 732 à venir chercher des informations, un an plus tard, ils étaient déjà 5 031.

Classement UNESCO
En 1974, 100 000 visiteurs viennent à l’office du tourisme. A cette époque, une seule visite est proposée aux curieux : « C’était la visite de 10 h. On les emmenait alors faire le tour du vieux Bordeaux » raconte Philippe Prévot qui fonde, en 1981, le service des visites guidées de l’office du tourisme. « On a mis en place des visites guidées thématiques, des outils pédagogiques et des fiches techniques ».Ils étaient une douzaine de guides au départ, ils sont près de 80 aujourd’hui à proposer des promenades aux thèmes variés où tous les aspects de la ville sont inspectés : « Tous nos guides sont diplômés. C’est notre exigence », insiste le responsable du service patrimoine. Et depuis que la ville a été classée au patrimoine mondial de l’UNESCO, le nombre de touristes a explosé : « On a vu la différence du jour au lendemain ! On a gagné 30 % de visiteurs en plus » s’étonne encore Philippe Prévot.
Combien seront-ils en 2114 ? Les touristes visiteront peut-être Mériadeck avec la curiosité et l’admiration que peuvent procurer aujourd’hui les petites rues de Saint-Michel. En tout cas, « l’histoire continue » comme le dit Philippe Prévot.

 

Insolite

« Je suis né dans une famille de curieux, raconte Philippe Prévot. Mon grand-père était botaniste. Moi, j’étais également intéressée par la nature mais aussi par les monuments. Adolescent, je participais déjà à des fouilles archéologiques ». Le curieux a suivi son instinct et a donc entamé des études d’histoire de l’art. En 1981, il obtient le titre de guide-conférencier et s’installe à l’office du tourisme de Bordeaux où il met en place le service des visites guidées. Il est l’auteur d’ouvrages invitant les lecteurs à ouvrir l’œil sur les trésors de Bordeaux comme « Bordeaux Insolite » et « Bordeaux, petits secrets et grands histoires », co-écrit avec Richard Zébulon et édités aux éditions Sud-Ouest.

 

Marie Blanchard

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