Home Actu Une boutique au poil

Nombreuses sont les traces du passé sur les façades bordelaises. Au 67 du cours Alsace-Lorraine, le nom inscrit sur la pierre est encore d’actualité. « Le sanglier de Russie » occupe les lieux depuis 139 ans avec la famille Darnault, aux commandes depuis quatre générations.

« Je tiens la dernière brosserie de France. J’en suis sûr à 99 % », assure Olivier Darnault gérant du « Sanglier de Russie ». « Quand l’enseigne a ouvert en 1814 dans le quartier Saint-Pierre, nous étions au moins quatre », raconte le vendeur. « A l’époque, on avait toujours besoin de brosses : au port pour nettoyer les ponts, les barriques. Et puis il n’y avait pas d’aspirateur, ni de ponceuse ! Sans compter toute la poussière qu’il y avait à cause de la terre battue, il fallait des brosses pour dépoussiérer les vêtements. »  Certes, les temps ont changé mais on a toujours besoin d’une brosse chez soi, ainsi, « Le sanglier de Russie » ne connaît pas trop la crise : « J’ai réussi à fidéliser ma clientèle. Ici, ce n’est pas du libre-service. Je suis en rapport direct avec mes clients, auxquels je peux donner un conseil personnalisé ». A l’heure des supermarchés drive et des caisses automatiques, « le sanglier de Russie » fait office de dinosaure. « Je travaille aussi avec des prothésistes dentaires qui me commandent régulièrement des brosses à polir ou des pinceaux spéciaux » précise Olivier.
Des poils en tout genre
En effet, il n’y a pas que des brosses au « Sanglier de Russie ». N’en déplaise aux esthéticiennes, la boutique vend tout ce qui possède des poils : des brosses donc, des pinceaux, mais également des paillassons, des balais ou encore des blaireaux sont en rayon : « Le rasage revient en force parce que c’est plus économique, plus écologique et plus efficace. On n’a jamais vendu autant de blaireaux », explique Olivier, le visage rasé de près. Et les poils qui balaient, caressent et frottent proviennent d’une large gamme d’animaux de tout genre comme le petit gris de Kazan (petit écureuil russe), la martre de Kolinsky, ou encore la mangouste. Mais on retrouve aussi des poils d’oreilles de veau, de poney et les plus doux, les poils de chèvre. Tous occupent une fonction bien précise et ravissent les toiles, sols, chevelures et barbes bordelais depuis déjà 1814. 200 ans, pile poil.

 

Marie Blanchard
« Le sanglier de Russie », 67 cours Alsace-Lorraine
05 56 81 33 36
www.ausanglierderussie.com

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