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COMMERCE Brocante ou salon de coiffure ? Fatiha Benkhéloufi est tout autant passionnée par son métier de coiffeuse que par les objets qui ont marqué son histoire. Rencontre avec une experte du bigoudi.

Les passants s’interrogent en voyant les vieux objets que Fatiha a exposés derrière la vitrine de son salon Mega-Hair du quai Richelieu. On aperçoit des têtes à coiffer des années 50 qui côtoient d’anciens fauteuils et casques du siècle dernier. Les amateurs de vintage admirent donc mais n’osent pas forcément franchir la porte de ce drôle d’endroit: « J’expose ici  une partie de ma collection. Ces objets ne sont pas à vendre même si certaines personnes entrent en pensant que c’est une brocante !  J’ai commencé à collectionner les rasoirs. Puis j’ai gardé mes premiers fers à friser et petit à petit, tout s’est accumulé, j’en ai trois fois plus chez moi, offerts par des collègues et amis » raconte la coiffeuse-collectionneuse.

 

Un savoir à transmettre

Fatiha Benkhéloufi est aujourd’hui seule à bord de son salon de coiffure. «  Je suis arrivée ici en 2000. J’avais du personnel à l’époque. Maintenant j’en ai marre de batailler pour survivre. Je ne peux pas me permettre d’embaucher » déplore la commerçante qui accuse l’arrivée du tramway de son déclin. « Je suis une des dernières à être encore là depuis 2000. La plupart des autres commerçants sont partis ». Aujourd’hui, son salon de coiffure est en vente. Elle attend qu’un acheteur se manifeste pour quitter les lieux et se consacrer ensuite à la transmission de son savoir.

Fatiha, passionnée par son métier, accueille régulièrement des stagiaires et des apprentis qu’elle a plaisir à former : « La plupart des écoles de coiffure me connaissent et certaines m’ont proposé d’enseigner. En attendant, elles m’envoient leurs élèves pour qu’ils s’entraînent chez moi. Certains viennent  ici s’exercer pour le concours d’apprenti par exemple. Ils savent que je vais leur apprendre le petit plus et que je le ferai avec plaisir, » raconte la coiffeuse qui a su se tailler une réputation d’excellence. Ses mains font des merveilles, en attestent les nombreux trophées qui ornent un des murs du salon. Tous gagnés lors de concours plus prestigieux les uns que les autres, Fatiha est une championne bordelaise du peigne et du ciseaux. Elle prépare actuellement le concours du meilleur ouvrier de France qu’elle a loupé de peu récemment : « Cela fait des années que je participe à des concours. Ça demande un entraînement digne des plus grands sportifs mais on est moins reconnus que des footballeurs par exemple ! Et pourtant, c’est sportif ce qu’on fait ».

Les cheveux de Hugh Grant

Son talent a également servi le cinéma puisqu’entre ses mains sont passés les cheveux de Hugh Grant ou encore Thierry Lhermitte. Mais ça, c’était dans les années 90 et elle n’a pas renouvelé ce type de prestations, préférant user ses ciseaux sur les têtes bordelaises. « Mon premier salon était cours de l’Argonne. À cause d’une grave maladie, j’ai dû le fermer et quand j’ai repris ici, certains de mes anciens clients m’ont suivi » raconte la bordelaise à l’accent gascon bien prononcé : «  Je suis pourtant née ici mais comme je ne m’appelle  pas Dupont, j’ai eu du mal à trouver mon premier emploi. C’est pour cela que j’ai dû me mettre à mon compte pour pouvoir exercer ». Aujourd’hui, la patronne a su se faire un nom et attend maintenant de quitter le quai Richelieu pour voguer vers de nouvelles aventures professionnelles.


Méga hair – créateur, styliste, visagiste – tous type de cheveux
40 quai Richelieu à Bordeaux
Sur RDV : 05 56 01 28 31
06 88 07 04 43


Et aussi
Salon Brocante jacques
et Stephane
35, rue Saint Rémi

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