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Home À la Une Sortie de piste pour le Macumba

Le Macumba de Mérignac vit son dernier réveillon, il tirera définitivement sa révérence en janvier et les bulldozers devraient ensuite entrer dans la danse.

«On n’est pas fatigué». «Laisse tomber tes problèmes» chantait jadis le sémillant Claude Soma Riba, chef de bande du Collectif Métissé. C’était au temps des beaux soirs du Macumba, la boîte proche de l’aéroport de Mérignac que co-géraient le chanteur et l’animateur Julien Courbet.

Un Macumba alors coté qui exportait son concept avec des créations de boîtes similaires à Lille, Nantes, Madrid ou Genève.

La fatigue et les problèmes ont fini par rattraper le Macumba au point de programmer une fermeture définitive après les prochains réveillons. Il fêtait cette année son quarantième anniversaire. Cet établissement est voué à une démolition certaine et le comité UNESCO n’est pas sur le coup pour le sauver. En lieu et place, la société de promotion immobilière Thaliem annonce la construction d’un vaste complexe avec hôtel haut de gamme, centre de congrès et locaux commerciaux pour concessionnaires automobiles.

Situé à deux pas de l’aéroport, ce site de sept hectares inclut en plus du Macumba les terrains de l’ancienne jardinerie Truffaut. Avec la disparition du Macumba, une page de la vie nocturne bordelaise se tourne. Celle des méga discothèques situées en périphérie. Être et avoir été, tel est le dilemme de son dernier propriétaire, Henri Souques (âgé aujourd’hui de 73 ans), qui n’a pas su ou plutôt pas pu investir les fonds nécessaires pour rafraichir ce gigantesque paquebot longtemps présenté comme le plus grand centre de loisirs de nuit d’Aquitaine. Quatre dancefloors, une salle de restaurant… ont vu défiler mille et une nuits étudiantes. Des étudiants qui ont progressivement déserté les lieux pour se replier sur les quais de Paludate ou les Bassins à flot pour y trouver des établissements dont le principal avantage est d’être desservi par le tram. La vigilance de la police pour pister les conducteurs «chargés» est sans doute l’une des raisons du déclin irréversible du Macumba.

Toutes les discothèques qui sont dans cette configuration rencontrent les mêmes difficultés. Les campagnes de pub pour valoriser les capitaines de soirée, condamnés à danser à l’eau claire, n’auront pas été suffisantes. Comme son collègue et ami Henri Souques, Claude Aulong, le patron du Pacha de Pessac, est un vieux de la vieille de la nuit bordelaise. Sa mémoire est aussi vive que son sens de la répartie. Le Monastère, sa première boîte, c’était en 1966, le Prieuré, sa seconde en 1968. Suivirent : La Tour des Templiers (1970), le Saint Claude peu après et enfin le Pacha en 1976. Claude Aulong a fait aussi des piges à l’extérieur en allant au chevet du Macumba de Lille un temps bien mal en point. Aujourd’hui, avec ses enfants, il veille à la bonne marche de deux autres Pacha (le Plage et le Beach) installés à Gujan Mestras. Les même causes produisant les mêmes effets, sa discothèque de Pessac va-t-elle connaître un sort identique à celui du Macumba ? Claude Aulong reste prudent… Il reconnait que cela fait déjà douze ans que des promoteurs ( Bouygues en l’occurrence) lui font les yeux doux pour réaliser sur son site une opération immobilière de grande envergure. La mairie de Pessac a empêché jusqu’alors ce mariage de raison.

Pour sa retraite active, Claude Aulong rêve d’une vie de « Pacha » en se repliant sur le Bassin, un secteur encore peu impacté par la concurrence féroce des discothèques du centre ville de Bordeaux.

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