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Home À la Une Ramassage des poubelles : la Cub paie sa tournée !

Qui que soit le prochain président de la Cub, il sait déjà qu’un dossier chaud l’attend à son arrivée, celui du ramassage des ordures ménagères et de la gestion du service dédié à cette tâche.

Dans ce domaine, comme dans d’autres, la campagne des municipales aura permis de mettre sur la place publique des problèmes structurels mais aussi humains qui ne datent pas d’aujourd’hui.
Les plus simples à régler consisteront à doter ce service des moyens suffisants pour remplir ses missions. Selon de récentes estimations, il faudrait ajouter au cinq cents postes existants un renfort d’une quinzaine d’éléments pour que les tournées ne soient plus annulées. Elles le sont aujourd’hui dès qu’un membre d’une équipe est manquant. La solution est simple, mais coûteuse dans une période de restructuration budgétaire.
Le futur président de la Cub devra aussi en finir avec l’imbroglio réglementaire qui perdure entre la Cub et la ville de Bordeaux en ce qui concerne la répartition des compétences.
Dans un souci de veiller à la propreté de ses rues, la ville centre possède son propre service de nettoyage (200 personnes) qui interviennent sur son territoire. Ce service est une anomalie sachant que c’est la Cub qui a compétence dans ce domaine depuis… 1966 !
À ce titre, la ville de Bordeaux paie à la Communauté une redevance sans exiger de prestations en retour. Elle demande d’ailleurs à en être dispensée et à récupérer les sommes versées jusqu’ici. Il y en aurait au bas mot pour 7 millions d’euros par an. Retour ligne automatique
Sur le terrain, chacun constate que cette répartition des tâches n’est pas pertinente. Les éboueurs de la Cub sillonnent les rues pour vider les contenus des poubelles, les sacs qui sont posés à même le macadam sont ignorés. C’est le service municipal qui intervient après le passage des bennes avec les voitures balai.
Ce compromis est source de doublon, de surcoût et au final le service n’est pas satisfaisant. Créer des binômes Cub/ville pour des interventions conjointes serait sans doute plus performant.
Si la répartition des tâches est à revoir, la tâche elle-même est à repenser notamment le ramassage des ordures ménagères dans l’hypercentre ville. Les deux poubelles réglementaires attribuées à chaque logement de ce secteur posent d’insolubles problèmes de stockage dans des immeubles trop exigus. Résultat, les poubelles restent sur les trottoirs.
La Cub avait annoncé la création de plusieurs locaux collectifs pour déposer ses sacs à ordures. À ce jour, un seul a été créé rue Magendie. Celui de la rue des Faussets est promis depuis… deux ans. Le maire de Bordeaux s’impatiente.
Disposer de plus de moyens, clarifier les règlements, repenser le ramassage dans l’hypercentre… tout cela se gère aisément si la volonté politique le décide.
Il restera aussi à résoudre l’épineux problème humain sous-jacent à toutes ces questions de résultats.

La médecine du travail tire la sonnette d’alarme
Les éboueurs de la Cub sont parmi les derniers à bénéficier du régime du « fini-parti ». Leurs horaires ne sont pas fixes, ils dépendent de la rapidité avec laquelle ils effectuent leur tournée. Résultat, on voit sur le terrain des équipes qui œuvrent à toute allure et d’autres à un rythme plus normal.
La différence vient que souvent les premiers cumulent leur journée de travail avec un autre job contrairement aux autres. La médecine du travail tire depuis longtemps le signal d’alarme, en constatant que les cadences infernales que s’imposent certains éboueurs sont source de traumatismes musculaires et articulaires.
Une soixantaine d’agents sont aujourd’hui considérés comme inaptes à leur travail. La plupart des éboueurs sont très attachés au système du « fini-parti » et le remettre en cause doit s’accompagner selon eux de compensations financières.
La médecine du travail, toujours elle, demande également que des contrôles plus stricts soient effectués pour dissuader certains agents de recourir à des arrêts de maladie de complaisance. Actuellement, un contrôle ne peut se faire que si l’agent est prévenu du jour et de l’heure du passage du contrôleur.
Chacun sent bien que ce privilège est source d’abus. On parle d’instaurer des contrôles surprise, conformément à la règle. On s’attend à ce que ces mesures impopulaires soient source de tensions et en cas de désaccord, de conflits sociaux.
Le président de la Cub qui est statutairement le patron des éboueurs peut-il prendre ce risque politique à quelques mois des élections ?
Au cours d’une récente opération de communication électorale, il est allé à la rencontre des ces personnels durant leur service de nuit, l’histoire ne dit pas s’il a abordé avec eux ces questions.

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