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Home Mon Quartier Caudéran Les Jockers’ Attack, au Tremplin pour décrocher une médaille

MUSIQUE Le groupe rock Jockers’ Attack défendait les couleurs de Caudéran lors de la finale du récent Tremplin inter-quartiers. Rencontre avec des musiciens et musiciennes talentueux.

Pour monter le 15 février sur la prestigieuse scène de la Rock School Barbey, le groupe de Caudéran avait remporté de belle façon une épreuve de sélection qui s’est tenue le 9 janvier à la Pergola.

Ce soir là, la musique des Jockers’ Attack, inspirée du rock psychédélique des années 70 a su convaincre le jury. Quatre autres groupes de Caudéran, tout aussi valeureux, rêvaient d’une telle destinée : Bloom, Upheaval Down, Premier Degré et Elvis Deputte.

À quelques jours près, le groupe Jockers’ Attack aurait pu fêter son premier anniversaire sur la scène de la Rock School Barbey.  Emmanuelle, Leslie, Sylvain, Guillaume et Laurent ont démarré leur collaboration musicale en mars 2013.

Il n’y a  toutefois pas eu de cerise sur le gâteau puisque malgré une prestation enlevée, bien accueillie par le public de Barbey, le jury a préféré à Jokers’ Attack, le rap très inspiré de Keurspi le groupe de Saint-Michel.

Une belle expérience

Sylvain, chanteur et également guitariste des Jockers’ Attack n’avait aucune rancune après l’annonce des résultats. Il avait même le sourire scotché aux lèvres : « C’était une belle expérience et un gros défi de jouer des morceaux qui sont tout récents. Ce tremplin nous a permis d’avoir un retour intéressant du public et plus de recul sur notre musique. En répét’, désormais, on va mieux travailler notre prise de son et l’impact qu’on peut avoir sur le public ». Des huit groupes présents ce soir-là, les Jockers’ Attack auront eu le mérite d’apporter une touche féminine qui sans eux aurait manqué cruellement. Emmanuelle la batteuse et Leslie la bassiste auront été les seules musiciennes de cette série de concerts ! Et pourtant, outre la qualité de leur prestation, les filles savent apporter au groupe un équilibre parfait : « Avec elles, le climat permet d’être plus apaisé, reconnaît Sylvain. Les mecs entre eux, dans un groupe, peuvent avoir tendance à se tirer la bourre ». À bon entendeur !…

L’Auberge bordelaise

Le groupe Jockers’ Attack est à l’initiative d’un projet associatif destiné aux musiciens « sans studio fixe ». Il s’agit de « l’Auberge musicale ». Installée au 22 rue Buhan, cette jolie cave aménagée et insonorisée accueille les musiciens au portefeuille léger : « Notre but était de proposer un studio de répétition pas trop cher. Pour 5€ l’heure, les groupes et musiciens peuvent venir profiter de la cave » explique Guillaume. Canapé, cafetière, bouilloire et jolie déco, tout est là pour répéter dans une ambiance conviviale et confortable : « Tout le monde est bienvenu. Le matin, il y a une prof de chant qui vient, le soir, ce sont des groupes de tout genre qui répètent. Notre seule condition, c’est de respecter les lieux » précise Emmanuelle. Pour plus d’info, 06 38 23 75 52 et page facebook de l’Auberge musicale.


Le Tremplin musical,
utile pour décoller

De la scène à la salle du conseil municipal, Sarah Bromberg a su faire profiter la ville de son expérience artistique notamment par la mise en place du Tremplin musical inter-quartiers dont c’était la deuxième édition en ce début d’année.

Sarah Bromberg ne connaît pas que les micros du conseil municipal et les beaux lustres de l’hôtel de ville. Elle a longtemps traîné sa silhouette sous les spotlights des scènes parisiennes et  chauffé sa voix au micro des studios d’enregistrement. Cette artiste a chanté avec Maxime le Forestier sur l’album « Sol en Si », elle a incarné Virginie dans une comédie musicale de Jean-Jacques Debout, elle a enregistré un album en tant qu’auteur-compositeur-interprète,  bref, quand elle parle musique, elle est en terrain connu. Depuis 2008, elle est conseillère municipale déléguée, Alain Juppé lui ayant confiée la mission de développer les pratiques amateurs et l’animation culturelle de proximité durant son mandat qui s’achève. L’élue a pris son rôle à bras le corps, forte de son expérience dans le milieu. La fête de la musique avec les scènes professionnelles réservées aux musiciens amateurs, c’est elle. Le Tremplin musical inter-quartiers, c’est elle aussi. Sarah Bromberg  aime à faciliter la rencontre entre artistes amateurs locaux et professionnels de la musique: « Tous les représentants de l’univers musical participent au jury du Tremplin. Ainsi, les candidats peuvent facilement aller à leur rencontre à la fin de leurs prestations pour leur poser toutes les questions qu’ils souhaitent. Le but est vraiment de créer des passerelles entre les professionnels et les amateurs ». Et grâce à ses amis artistes et techniciens, Sarah Bromberg a la possibilité de faire venir à Bordeaux quelques pointures comme Michel Jonasz, président du jury de l’édition 2014 ou encore Marc Lumbroso éditeur et producteur du label Remark qui a remporté cette année le prix SACEM.

Trois prix pour un tremplin

Outre ces rencontres, le but est bien d’accompagner les musiciens dans leurs premiers pas pour faciliter le décollage de leur carrière. L’artiste-élue énumère alors les trois prix mis en jeu : « Le gagnant du Tremplin remporte un prix de 1 000€ offert par la ville. Il peut être utilisé par le groupe, pour renouveler son matériel ou pour la location d’un studio. Il remporte également une résidence à la Rock School Barbey et peut ainsi se familiariser avec une salle de spectacle. Il gagne la possibilité d’enregistrer un album de 3-4 titres indispensable pour démarcher les programmateurs. Le groupe vainqueur est d’office programmé sur une scène de la fête de la musique et enfin il participe à l’émission live de France Bleu Gironde Live Aquitaine».

Le Rocher de Palmer a, au cours de cette soirée, élu son coup de cœur qui se verra confier la première partie d’un groupe de sa programmation.

Enfin, le Tremplin décerne également un prix spécial décerné à l’artiste qui compose et interprète la meilleure chanson en français de la soirée : « Les groupes emploient en grande majorité la langue anglaise dans leurs compositions. Pour les inciter à chanter en français, nous avons instauré cette année ce prix spécial qui permettra au lauréat de ce prix de repartir avec 500€ » explique Sarah Bromberg.

La ville n’abandonne pas ces talents rapidement : « Les trois finalistes de l’an dernier ont été invités sur la scène des participiales où se produisait ensuite Jacques Weber. Nous n’avons raté aucune occasion de les programmer et de les payer aussi! C’est aussi comme cela qu’ils se professionnalisent le but étant de gagner sa vie en jouant de la musique » précise celle qui continuera à s’investir dans l’organisation du Tremplin mais sans l’écharpe tricolore.

Sarah Bromberg ne figure pas dans la liste que conduit Alain Juppé aux municipales. Interrogée pour connaître les raisons de cette disparition, l’intéressée est restée très évasive : « il y a plusieurs manières de mener cette action, et pas nécessairement dans le cadre d’un mandat d’élue » sans plus de précision.

Pour cette deuxième édition, les trois prix en jeu ont été remportés par un seul et même artiste : Keurspi, jeune rappeur qui représentait avec ses musiciens le quartier St Michel-Nansouty-St Genès. L’énergie communicative de cette bande a su enflammer le public de la Rock School et toucher le cœur de tous les membres du jury qui l’ont élu à l’unanimité. Un artiste à suivre et à retrouver le 21 juin sur une des scènes de la fête de la musique…

À quelques jours d’intervalle, sur une autre scène, celles de Victoire de la Musique, Stromae raflait lui aussi tous les titres en jeu. Souhaitons à Keurspi de connaître le même parcours.

Michel Jonasz, paroles de Président

Depuis plus de trente ans, Michel Jonasz campe sur la scène musicale française avec son swing et sa voix de crooner. Président du jury de la deuxième édition du tremplin, il a pu jauger la scène musicale bordelaise lors de la finale du tremplin.

Que pensez-vous de la scène musicale bordelaise de ce soir ?

C’est inégal mais il y a une bonne énergie et de l’enthousiasme. C’est ça qui me plaît. Mais ce qui me frustre un peu, c’est que les groupes chantent beaucoup en anglais et je ne sais pas pourquoi. La langue française s’adapte à tout pourtant : à l’émotion, au rock’n’roll, au hard-rock, c’est une langue très souple qui swingue. Et puis je suis un peu de l’ancienne école, quand j’écoute de la musique, j’ai envie qu’on me raconte des histoires !

Vous parliez d’inégalité, et justement, c’est particulièrement masculin ce soir. Avez-vous remarqué que les deux seules filles qui jouaient faisaient partie du groupe Jockers’ Attack ?

Bien sûr ! J’ai trouvé que la rythmique féminine était bonne. Ce n’est pas la première fois que j’entends des filles à la batterie et à la basse, mais c’est rare. C’est une autre énergie plus douce et plus subtile et ça me plaît assez ça !

La règle du Tremplin

Le tremplin musical inter-quartiers existe depuis 2013. Il fait concourir les meilleurs groupes des huit quartiers de la ville désignés suite à une soirée de sélection. Le 15 février se tenait la finale de ce tremplin où les huit groupes représentatifs de leurs quartiers interprétaient 4 titres devant un jury d’experts présidé cette année par Michel Jonasz.

Par Marie Blanchard

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