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Home À la Une Les comptoirs des Capus

Pour découvrir tout Bordeaux en deux gorgées et trois bouchées, rendez-vous dans les bars de la halle des Capucins. De 4h du matin à 15h30 les week-ends, le chômeur, le boucher, le retraité, l’étudiant, le maraîcher croisent l’assistante sociale, l’élève de CM1, la vendeuse de vêtements ou encore le poissonnier. Toutes les générations et toutes les classes sociales se retrouvent autour d’un verre de blanc, d’une douzaine d’huitres, d’un café ou d’une portion de frites. De chez Christophe en passant par les jardins, chez Jean-Mi et « O lève tôt », Bordeaux Quartiers est allé à la rencontre de quatre restaurateurs emblématiques des lieux.

 

capus chez jean miAu sud de la halle : O lève tôt et Les Jardins.

Cathy et Jean-Claude tiennent le « O lève tôt » depuis 2003. Il porte bien son nom bien qu’il ne soit pas le plus matinal des quatre : ouvert dès 5h30 la semaine et à 5h les week-ends, le « Lève tôt » reçoit une clientèle de fidèles, accoudés à son long comptoir ou installés sur sa terrasse, la portion de frites à portée de main. Jean-Claude est d’origine martiniquaise. Après un début de carrière dans le football et plusieurs années de vadrouille entre la Guadeloupe, la Martinique et Marseille, il a atterri à Bordeaux et précisément derrière ce comptoir des Capus que tient son épouse, Cathy d’une main de fer : « Les jeunes alcoolisés qui sortent de boîte, je ne les prends pas » annonce d’office la patronne.

Pour éponger le trop plein, casser la croûte après des heures passées sur le dance floor, rendez vous plutôt « aux Jardins ». Violette et son frère Johan y accueillent les jeunes titubant dès 4h, les samedis et dimanches. Christian les croise parfois. Cet habitué qui vient là depuis dix ans tous les matins connaît par cœur le rythme des « Jardins » : « La semaine, c’est plutôt vide. Ça commence à frémir le jeudi, et le week-end, c’est rempli et c’est vraiment sympa ! ». Christian venait déjà aux Capus avec sa grand-mère, dans les années 60 : « A cette époque, il n’y avait pas de frigo, alors on faisait son marché tous les deux jours. » Aujourd’hui, faire son marché revient à la mode : « Moi, quand j’étais petit, y’avait que les vieux qui faisaient le marché, raconte Johan, la patron. Aujourd’hui, la halle des Capus accueillent toutes les générations qui, une fois le cabas rempli, viennent casser la croûte ou lever le coude aux jardins ou « O lève tôt ».

O lève tôt : ouvert la semaine dès le mercredi de 5h30 à 14h30 et les week-ends de 5h à 15h30

Les Jardins : ouvert du mardi au jeudi de 8h à 13h et du vendredi au dimanche de 5h à 15h

 

Au nord de la halle : chez Jean-Mi et chez Christophe

Après Violette et Johan, une autre fratrie tient le comptoir aux Capus : c’est Carine et Christophe qui se situent à l’opposé des Jardins. « Chez Christophe » est l’aîné des quatre bars : « J’ai ouvert le 3 janvier 1995, » raconte le patron, Christophe. 95% de sa clientèle sont des habitués, dont les commerçants du marché : « La semaine, on est les premiers à ouvrir. Venez le mercredi à 4h, vous verrez ! Il y a 15 personnes sous la halle et 12 sont à mon comptoir ! ». Quand on se pose au comptoir de « chez Christophe », une discussion avec lui est interrompue toutes les trois minutes par un maraîcher, un boucher ou un passant qui vient le saluer en plaçant deux, trois blagues dans la phrase : « Ici, tout le monde se tutoie ! Nos clients, ce sont les gens du cru, pas trop les bobos qui viennent faire leur marché le week-end ».

Les fameux « bobos » vont plutôt en face, chez Jean-Mi : « Jean-Mi, je l’ai connu à l’époque où je venais boire l’apéro ici, raconte le patron des lieux depuis 2008, Joseph Thibaud. Il tient le bar avec Karine Houzelle qui a commencé à travailler ici alors qu’elle était étudiante. Ce job alimentaire est devenu un travail à plein temps. La terrasse est pleine à craquer les dimanches : « C’est le rendez-vous dominical, raconte Joseph. C’est vraiment convivial ! Avant, il y avait moins de monde. Aujourd’hui, on reçoit aussi des touristes qui viennent de la gare par exemple ». Sur la terrasse, ce dimanche de mai, il y a Alfred par exemple, un bordelais qui déguste ses huitres avec Nouma, sa petite amie allemande : « C’est le petit déjeuner du dimanche ici, raconte le jeune homme. Quand je reçois du monde le week-end, je les emmène aux Capus. Et on va chez Jean-Mi quand il y a de la place ». Nouma apprécie cette ambiance authentique : « On croise des gens qui se réveillent, des familles, des mamies, c’est vraiment chaleureux ! ».

Chez Jean-Mi : ouvert du mardi au vendredi de 7h à 14h30, le samedi de 7h à 15h30 et le dimanche de9h à 15h30.

Chez Christophe : ouvert du mardi au dimanche de 4h à 15h

 

Marie Blanchard

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