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Home Mon Quartier St-Michel Le saut de puce de La Cabane à gratter

Gervais, le « patron » de la cabane, s’est embarqué depuis trois ans, dans une sacrée aventure humaine. Cette association créée en mars 2011 vient en aide à sa façon aux exclus de tout poil. Place André Meunier, ils trouvaient sous cet abri de fortune, aux allures d’auberge espagnole, un accueil (de jour) rare et précieux.

Pour favoriser les échanges, des animations culturelles et artistiques sont régulièrement organisées et la cafetière chauffe toute la journée : « Pour moi, il n’y a pas de classe sociale, pas de couleurs de peau. Je travaille avec des êtres humains, précise Gervais, vulcanologue à ses moments « perdus ».

Le succès de cette Cabane, citée partout comme un modèle,  doit beaucoup à la personnalité de cette figure originale de l’action humanitaire menée à Bordeaux. Ce lieu indépendant et improbable, parfois appelée l’Arche de Gervais, ne fait concurrence à aucun autre et il a su ainsi trouver sa place dans le concert de la solidarité au quotidien.

« Ceux qui viennent ici apportent quelque chose et moi, de mon côté, je leur propose mon aide. Alors on réalise des choses ensemble comme récemment une maquette de la future place ou des fresques artistiques ».  L’animateur des lieux est contre l’assistanat et se veut être un révélateur de talents : « Il n’y a pas d’homme sur terre qui ne peut pas faire quelque chose. À la cabane, on aide les gens à réaliser leurs envies, leurs projets. On les guide et on leur donne les outils pour agir ». Ceux qui ont baissé les bras retrouvent souvent un peu d’espoir ici. Depuis son ouverture, Gervais en a épaulé plusieurs qui sont sortis de la misère : « Certains ont signé des CDI, d’autres ont même réussi à monter leur entreprise ». Il a également constaté une évolution dans les comportements des visiteurs de la cabane : « Aujourd’hui, ils sont plus éduqués. Avant, ils venaient sur place alcoolisés. Maintenant, s’il y en a un qui dérape, quelqu’un est là pour le remettre en place. Et aussi, remarque-t-il, les communautés se mélangent. Les africains, les arabes, les espagnols ne restent plus entre eux. Il y a une vraie mixité». 

RDV rue du Fort Louis

Depuis que la cabane a déménagé rue du Fort Louis, le bouche à oreille fonctionne. Les uns et les autres reviennent petit à petit boire un café, échanger et découvrir leur nouveau QG. «La mairie doit nous apporter du bois pour qu’on installe une terrasse » précise Gervais. C’est l’association « Friche and cheap », déjà à l’initiative du Jardin à gratter (jardin collectif réalisé sur la place), qui prendra en charge l’aménagement de cette terrasse : « Ils vont mettre des bacs à fleurs notamment. Ce projet de terrasse va être l’occasion de monter des ateliers les mercredis» se réjouit d’avance l’animateur qui compte bien ne pas se laisser décourager par l’étroitesse des lieux. Désormais située entre l’Institut de Journalisme et « les restos du cœur », la cabane continuera à proposer des repas occasionnels avec tout le monde ou encore des ateliers artistiques

Une cabane toute neuve en 2015

En 2015, la place André Meunier n’aura plus le même visage mais gardera son esprit d’ouverture et de convivialité : « La mairie a demandé aux riverains et aux usagers ce qu’ils voulaient pour cette place. Et on ne voulait pas de quelque chose trop sophistiqué. Après plusieurs concertations, on s’est mis d’accord pour que la place reste conviviale grâce à des endroits où les gens peuvent s’asseoir, un espace pour faire des spectacles, un panier de basket, des jeux pour les enfants et notre gîte qui devra conserver son allure de cabane» ! Les œuvres vives et colorées de l’artiste Fédérica Matta qui décoreront les aménagements de la place illustreront la chaleur et l’esprit cosmopolite de cette oasis. Entourée de verdure, la cabane sera alors au cœur d’un véritable poumon vert pour le quartier. En attendant, pour les 15 mois à venir, elle s’accroche aux pavés de la rue Fort Louis. Fidèle au poste.

 

Marie Blanchard

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