passion-beaute
Home À la Une La Plage, le « rouleau » compresseur ?

«Quai de Paludate, s’il n’en reste qu’un je serais celui-là», c’est ce que l’on s’attend à entendre de Patrick Lalanne s’il se mettait à chanter. Sa discothèque la Plage est aujourd’hui la locomotive du quai bordelais. Visite de cette « Plage » forte.

Quelques chiffres permettent de mesurer la taille et le poids du géant : 1,2 hectares, c’est la surface au sol des bâtiments occupés par cette discothèque à salles multiples, 7 000 c’est la surface en mètres carrés des dancefloors, 5 le nombre de discothèques dans la discothèque suite à différents rachats et 115, le nombre d’employés qui sont nécessaires pour faire tourner cette immense manège à danser, dont une vingtaine veille à la tranquillité des lieux. Cette maxi discothèque qui reçoit en moyenne 15 000 clients pas semaine dégage-t-elle des profits  ? Son gérant se montre très discret sur ce sujet. Il est plus disert sur les dépenses engagées pour fidéliser sa clientèle. Les frais, ce sont déjà ceux du personnel avec l’effectif que l’on connaît. L’autre poste qui grève les budgets, c’est celui consacré aux DJs. Les règles du show biz fonctionnent à plein. Plus l’homme aux platines est connu, plus il se fait des c… en or. Combien coûte la venue d’un DJ X ou de DJ Y ? Patrick Lalanne reste flou et finit par donner les dents de sa fourchette annuelle : c’est entre 400 000 € et 600 000 €.
La venue de stars comme David Guetta ou Martin Solveig  ? «Impossible, leurs tarifs sont inabordables et nos discothèques ne sont pas assez grandes pour amortir ce qu’ils demandent », regrette le patron de la Plage. «S’il n’en reste qu’un» sera-t-il celui-là  ? La réponse à la question est moins évidente qu’attendue.

Direction Bordeaux Lac ?
Patrick Lalanne n’est pas propriétaire des murs qu’il occupe quai de Paludate depuis 17 ans. Il connaît la précarité de sa situation ainsi que les menaces qui pèsent sur l’ensemble des activités de la nuit. Il se montre fataliste : «Si je dois partir de Paludate, il faut me le faire savoir, je ne m’accrocherai pas aux quais, il faut par contre me dire où je vais et ce que l’on me propose pour me dédommager». Au cas où les autorités manqueraient d’idées pour lui trouver un nouveau point de chute, l’homme fort de Paludate suggère une destination : «je me verrais bien m’installer du côté du lac, dans le secteur du nouveau stade. Il présente beaucoup d’avantages par rapport aux quais, il est desservi par le tram, il existe des parkings et il n’y a pas encore trop de logements dans le secteur». À l’adresse des urbanistes, il fournit ce conseil : «ce serait bien d’ailleurs que l’on anticipe notre arrivée en réservant cette zone aux activités de loisirs, plutôt qu’aux habitations, car il ne faudrait pas que les mêmes causes produisent les mêmes effets. On n’y peut rien mais notre job est en décalage avec tout le monde, on se met à travailler et à faire du bruit quand les autres se couchent pour dormir».

Commenter cet article