Home Mon Quartier La Bastide La Bastide n’est pas tombée dans le panneau !

Au départ, une bonne idée : remettre de l’ordre dans la signalétique installée sur la voie publique. À l’arrivée un imbroglio qui fait débat dans le quartier de La Bastide. 

Tout est parti d’une rencontre entre une société de communication, SICOM, et le club des entreprises du secteur Bordeaux Maritime désireux de disposer d’une signalétique commerciale standardisée. Jusqu’alors, commerçants, artisans et chefs d’entreprise, avaient leur propre pancarte pour conduire à bon port visiteurs, clients ou fournisseurs. Il y en avait pour tous les goûts, toutes les couleurs, toutes les tailles. C’est là que la société SICOM a été convaincante en proposant au club des entreprises locales de mettre en place une signalétique professionnelle.
Le deal commercial était le suivant : la société vendeuse d’espaces prenait à sa charge la fabrication, la pose et l’entretien des panneaux indicateurs, en contrepartie, elle vendait aux entreprises le concept. Cerise sur le gâteau, le logo du club d’entreprise figurait sur les potelets.
La ville de Bordeaux donnait son accord pour ce pacte qu’elle pensait gagnant-gagnant. Dès 2011, d’élégants poteaux indicateurs ont été scellés dans le sol en fonction des contrats passés avec les enseignes intéressées par ce service. Celles qui n’ont pas mordu à l’hameçon ont conservé leur propre signalétique et l’harmonisation promise laisse encore à désirer.

Fort de ce premier succès, la société SICOM a voulu étendre son business sur la rive droite. Et c’est là que les problèmes ont commencé. La première difficulté tient à la nature des lieux où sont implantés ces panneaux. Ce qui se conçoit dans une zone d’activités est plus difficile à admettre en milieu urbain. L’efficacité de ces panneaux indicateurs n’est pas ici démontrée. Quand on est perdu dans la pampa, on est content de trouver ce genre de repère. Mais en centre ville, quel intérêt y a-t-il comme c’est le cas, avenue Abadie de trouver une indication « permis bateau ». Le système consistant à ne signaler que les commerces et activités qui paient leur octroi a lui aussi ses limites : que se passerait-il si demain tous les commerces ou presque voulaient apparaître en bonne place. Autre grief : la caution de cette opération (le club d’entreprise Bordeaux Maritime) figure sur tous les panneaux. Or, ce club n’existe plus puisqu’il s’appelle désormais Club des Entreprises de Bordeaux.

Pas d’autorisation ?
Trois petits tours et puis s’en vont… Ces panneaux sont appelés à disparaître. Certains ont été enlevés très rapidement, notamment celui planté au pied de l’église Sainte-Marie D’autres, plus éloignés de la place Stalingrad, faisaient de la résistance. La société SICOM a confondu vitesse et précipitation dans la vente de ses espaces publicitaires. Elle les a installés sans en avoir les autorisations.

Quand on sait ce que la ville demande aux commerçants, et notamment aux restaurateurs, pour occuper le domaine public (terrasses, tableaux indicateurs…), Savoir que la SICOM posait ses lucratifs supports (trois panneaux coûtent 2 000 € pour trois ans) sans en payer le prix a déclenché la colère des commerçants bastidiens qui ne participaient pas à l’opération. Opération blanche ? On le saura si la SICOM rembourse ses prestataires, ses commerciaux et les commerçants ayant participé, sans le savoir, à ce vaste coup de bluff.

F.P.

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