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Home Mon Quartier La Bastide Franck Jouanny et son Marco Polo dans le grand bain

Comme les Mousquetaires, ils sont trois, bientôt quatre à s’amarrer au tout nouveau ponton Montesquieu de la rive droite : Richard Muairon et sa future libraire flottante, Denis Gesta, le routard de la Garonne avec son Royal, et quant à Franck Jouanny, il mise sur l’œnotourisme avec un bateau original, le Marco Polo. L’armateur nous parle de son projet.

 

Le Marco Polo, voilà un nom qui sent bon l’aventure ?
Mais c’en est une ! et le dernier épisode connu de ce feuilleton est l’un des plus agités. Ce bateau de croisière a été construit en 1960 en Allemagne à la demande d’un armateur Suédois. Il a transporté des touristes jusqu’en 1980 au pied des falaises de Sassnitz en mer Baltique. Nous l’avons racheté pour environ 100 000 € et conduit dans un chantier naval de Gdansk en Pologne pour l’aménager selon nos plans et lui donner un maximum de confort. Nous l’avons ensuite ramené à Bordeaux où son originalité a tout de suite fait sensation.

 

Par cargo ?
Non, non, ce bateau est habilité à naviguer en mer. Il a été remis à l’eau à Gdansk puis a rejoint la mer du Nord par le canal de Kiel. La balade s’est poursuivie en longeant les côtes hollandaises, belges et enfin françaises avec un tour de la Bretagne et une descente de l’Atlantique avant de remonter l’estuaire de la Gironde.

 

Avec quelques frayeurs, on imagine !
Je n’étais pas à bord mais le capitaine a dû affronter une mer bien formée. Il est finalement arrivé à bon port au bout de 12 jours de navigation. Pas mal pour un bateau de plus de 50 ans !

 

Son futur programme est-il plus calme ?
Assurément, même si la navigation sur la Garonne n’est pas de tout repos, Denis Gesta vous en parlera mieux que moi, les balades qui sont au programme du Marco Polo s’annoncent très paisibles. Il sera dévolu à des croisières axées sur l’œnotourisme. À quai, il accueillera des groupes avec toujours comme fil conducteur la découverte des vins et des vignobles de Bordeaux. Nous pouvons embarquer 150 personnes. Comme on est amarré côté Bastide, vous pouvez constater que la vue sur Bordeaux est exceptionnelle, surtout la nuit !

 

La Garonne, la navigation, et l’événementiel ce sont des domaines que vous connaissez bien ?
Oui si l’on se réfère à mon passé d’équipier (voir encadré), l’évènementiel à Bordeaux je le connais à travers ma participation à l’organisation des deux premières éditions de la Fête du fleuve. Quant à la Garonne, je la scrute chaque jour ou presque en tant que dirigeant de la société Hydrotube Energie. Avec Marc Lafosse, je suis partie prenante dans l’aventure des hydroliennes. Les résultats du prototype que nous allons installer sous le Pont de Pierre seront décisifs pour la suite donnée à notre projet.

 

L’avenir de l’œnotourisme, vous le voyez comment ?
Très prometteur si l’on accompagne son développement. Si en mer le pire ennemi pour un bateau c’est la côte, sur un fleuve c’est l’inverse. Plus on aura l’occasion de débarquer et mieux cela sera. Dans le Médoc, nous encourageons les châteaux riverains de la Garonne à concevoir des pontons pour accueillir directement nos passagers. Les touristes préfèreront arriver aux châteaux en bateau depuis le fleuve que d’être véhiculés en car depuis Pauillac. La problématique est la même pour les propriétés riveraines de la Dordogne. Le château de Vayres ou celui de Mille-Secousses sur la Garonne sont déjà accessibles en bateau et notre souhait est que cette formule se multiplie. En cas de projets d’installation de nouveaux pontons privés nous sommes prêt à participer à des co-financements et je compte bien convaincre le CIVB et la CCI d’être à nos côtés.

 

Le premier embarquement c’est pour ?
Le printemps prochain, on vous fera signe au moment de larguer les amarres.

Propos recueillis par François Puyo

 

La voile à bras le corps

Franck Jouanny le reconnaît, son arrivée dans le petit monde de la voile de compétition n’est pas classique : « contrairement à mes amis bretons, je ne suis pas passé du landau à l’Optimist. Mes premières manivelles de winch je les ai tournées à 27 ans ! ». Une tête bien pleine, Franck Jouanny n’en est pas dépourvu, mais à l’époque, ce sont les muscles de ses bras qui sont recherchés par les skippers. Marc Pajot, lors de sa première participation en 1987 à la Coupe de l’América constate en regardant ses rivaux que son équipe de frenchies se compose de freluquets.

À son retour, il décide de constituer un commando de costauds pour mieux figurer dans l’édition 1992 de cette même compétition. Il lance alors un vaste casting pour trouver des hommes forts. Toutes les disciplines (rugby, haltérophilie…) sont sollicitées. Franck Jouanny est alors un décathlonien (licencié au club de Talence)  de tout premier plan. Attiré par les sports nautiques, il participe à la sélection avec succès. Le voilà maître wincheur sur le Ville de Paris engagé sur les eaux de San Diego. Avec Marc Pajot à la barre, la Course de l’América s’achève tout prêt du but, en demi-finale de la Coupe Louis Vuitton. Franck Jouanny, débarqué, n’en a pas fini avec la mer. De retour à Bordeaux, il convainc la région Aquitaine de sponsoriser un bateau pour le Tour de France à la Voile. Une fois, deux fois, la troisième participation est la bonne. La victoire est obtenue par le bateau alors skippé par Paul Cayard et Vincent Festin, deux virtuoses de la barre. Toujours en quête de sensations fortes et salées, Franck Jouanny rejoint alors l’équipage Foncia mené par le duo Ellen Mac Arthur et Alain Gauthier. C’est au terme de cette nouvelle aventure qu’il décide de raccrocher son ciré pour suivre un cap plus sédentaire, ou presque.

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