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Home Non classé Francis Baudy, la mémoire vive !

À mi chemin entre le journalisme et le travail d’historien, Francis Baudy, l’enfant de Saint- Aug’, poursuit ses recherches sur le passé de son quartier et de sa ville. Co-auteur de nombreux ouvrages, avec lui le passé de Bordeaux se conjugue au présent.

Pour devenir historien, quel a été votre parcours universitaire ?
Francis Baudy : Je n’ai pas eu cette chance, je suis un pur autodidacte, sur le tard. Il m’a fallu travailler très tôt pour gagner ma vie et l’acquisition des connaissances et l’intérêt pour cette discipline se sont faites au fil du temps. C’est mon goût pour les objets anciens qui m’a amené à m’intéresser à leur période d’usage. C’est encore plus vrai pour les vieilles cartes postales. Je veux toujours connaître l’envers du décor. Je crois être quelqu’un de très curieux du monde qui l’entoure.

Pour vous, Saint-Augustin, c’est…
FB : Mon lieu de naissance et de résidence, la rue Thérèsia Cabarus. J’ai voulu d’ailleurs tout en connaître et progressivement mes recherches se sont élargies à l’ensemble du quartier Saint-Augustin puis aux quartiers voisins, et aujourd’hui je travaille à l’échelle de Bordeaux. Il m’arrive aussi de faire des escapades sur le bassin d’Arcachon pour y faire des recherches notamment sur la vie des ostréiculteurs et des forestiers.

À quelle histoire vous intéressez-vous ?
FB : A celles des gens modestes, comme moi, je ne suis pas Stéphane Bern, la vie des grands de ce monde m’indiffère. La vie d’un maréchal ferrant, celle d’un bar disparu, le destin d’un pont détruit sous les bombes, retrouver une sépulture, tout cela me passionne.

Vous êtes du genre chercheur solitaire ?
FB : Solitaire, moi, vous voulez rire. J’adore le contact et le travail en équipe. Je suis membre du club des cartophiles de l’Entre-Deux-Mers, trésorier de l’association des vieux papiers en Aquitaine, présidée par mon ami Jacques Clémens. J’anime des émissions de radio au CHU. J’organise des manifestations à Saint-Augustin dans le cadre des journées du patrimoine, ainsi que des expositions en tant que membre du club photos, la Mémoire de Bordeaux. Je participe à la publication de notre petit journal de quartier et il m’arrive de faire des émissions à TV7 avec Yves Simone. J’ai aussi consacré beaucoup de temps à constituer ma collection de près de 200 objets et outils viticoles. J’ai retrouvé toutes ces pièces avec l’aide de mon épouse Viviane.

Comment cette collection a t-elle débuté ?
FB : Comme un peu toutes mes recherches, c’est le hasard d’une rencontre avec une bouteille originale, la Bordelaise de 75 cl de 1874. Elle provenait du château Campeyraut, tout proche de chez moi. J’ai voulu en savoir plus et ainsi tout a démarré.

Comme les chercheurs de champignons, vous n’allez pas donner les coins de vos trouvailles ?
FB : Il n’y a pas de secret. Il faut aller fouiner aux puces à Saint-Michel, fréquenter les vide-greniers et rencontrer des personnes qui ont parfois des trésors dans leur armoire et qui ne les utilisent pas. Je commence à être un peu connu et il arrive que l’on me sollicite à ce sujet. Et comme j’adore le contact…

Vous êtes à mi-chemin entre le travail de journaliste et celui d’historien, de quelle enquête êtes-vous le plus fier ?
FB : Fier ? Ce n’est pas le genre de la maison. Disons que nous avons fait du bon boulot en approfondissant la connaissance sur des personnages par trop méconnus comme ce Robert Piqué, ancien directeur de l’hôpital de Talence et aviateur émérite. Nous avons retrouvé son caveau au Père Lachaise. Grâce à nous, on en sait un peu plus sur Victor Segalen qui fût une sorte d’Indiana Jones de son temps, un explorateur intrépide et l’inventeur de l’ethnologie moderne. Nous avons également fait un travail intéressant sur la vie de Georges Juzan, natif de Caudéran, mort à Bordeaux en 1912 et sans doute l’inventeur de la bicyclette moderne.

Toujours des projets ?
FB : Bien sûr, plein la tête et plein les cartons.

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