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Home Mon Quartier La Bastide Circulation sur le Pont Chaban : piles poil comme prévu !

Mis en service en mars, le pont Chaban-Delmas devait faire ses preuves et déjouer les pronostics de ses détracteurs. C’est gagné !

Longtemps sujet de polémiques, perçu comme source de nuisances, le pont Chaban a désormais la cote. Le principal regret que l’on entend le concernant, c’est d’avoir accepté de raccourcir la hauteur de ses piles pour répondre aux caprices de l’UNESCO. Quant aux bouchons tant redoutés, ils ne s’en forment qu’avec les promeneurs du dimanche.

Ses concepteurs, ses bâtisseurs, ses architectes ont reçu, début novembre, le très prisé « Prix Aménagement et Constructions » remis dans le cadre du concours national de l’ingénierie 2013. Félicitations à cette dream team.

On ne parle pas de décerner une médaille aux techniciens et prestataires de la CUB qui ont évalué au terme de savants calculs le trafic attendu sur ce nouveau pont. Et pourtant, eux aussi les mériteraient.

À quelques dizaines de voitures près, leur évaluation théorique s’avère en tout point conforme à la réalité.

Et pourtant, que n’a-t-on pas entendu à ce sujet ? Et que n’a-t-on pas écrit sur les conséquences funestes qui découleraient de leurs erreurs d’appréciations ?

Alertés par des élus, des associations de quartiers, les médias dans leur ensemble se sont fait un large écho de pronostics très alarmistes (voir encadré).

20 000 véhicules/jour

Qu’on se souvienne : les Services Techniques de la CUB annonçaient sur le nouveau pont, dont on ne connaissait pas encore le nom, un trafic de 20 000 véhicules/jour. De cette estimation, il découlait un certain nombre de travaux de voiries, notamment sur la rive droite, pour tenir compte de l’arrivée de ces flux. C’est ainsi que des giratoires ont été aménagés notamment pour gérer le goulet d’étranglement créé par le pont de chemin de fer de la rue Charles Chaigneau. En réalité, peu de choses ont été modifiées côté Brazza et c’est bien ce qui a suscité l’inquiétude de nombreux Bordelais.

Pour la vox populi, l’ouverture du nouveau franchissement de la Garonne allait être synonyme de catastrophes. Pour les décrire, on avait recours au dictionnaire Vidal et ses mots en « ose » : sclérose, thrombose, overdose.

André Barret, le porte-parole de l’association Cap Bastide, se faisait l’écho des riverains en colère. Tous étaient effrayés à l’idée que leur quartier allait être envahi par des automobilistes à la recherche d’itinéraires malins, pour éviter les irrémédiables bouchons des quais. Deux points noirs étaient identifiés : l’arrivée en T (hantée !) au débouché du pont côté rive droite et le passage sous le pont de chemin de fer pourtant réaménagé. La psychose était telle qu’Alain Juppé -en personne- était sujet aux doutes. Courant décembre 2012, il était vu côté Bastide, les plans du quartier à la main, pour vérifier si la CUB ne s’était pas trompée. Au retour, toutes ses  appréhensions ne s’étaient pas envolés.

« Ça c’était avant » comme le veut la formule, avant que le pont Chaban n’entre en service et que l’on constate que les chargés d’études de la CUB avaient fait bien leur travail d’évaluation de trafic et que les aménagements de voirie étaient compatibles avec la densité de circulation aux heures de pointe.

Ménage et cordon

Pour y parvenir, plusieurs enquêtes ont été menées. Une de type « ménage » chargée de quantifier les déplacements dans l’agglomération et une autre appelée « cordon » qui consiste à interroger directement les automobilistes sur leurs trajets. Les techniciens disposaient aussi de comptages effectués sur les différents axes. Tous ces chiffres ont ensuite été mixés, pondérés, actualisés dans des ordinateurs équipés de logiciels appropriés. Le résultat ne doit donc rien au pifomètre. Il étonne par son exactitude et son ancienneté puisque dès 1996, une évaluation fiable des véhicules qui emprunteraient un nouveau franchissement de la Garonne était réalisée.

La fluidité du trafic sur les deux rives est telle que plus personne aujourd’hui  ne considère comme inévitable une percée dans l’axe du pont pour rejoindre au plus vite le boulevard Joliot Curie, ni même de supprimer en urgence la ligne de chemin de fer alimentant les Grands Moulins de Paris ou de modifier de fond en comble le plan de circulation du secteur.

On se réjouit au contraire des facilités apportées par ce nouveau franchissement de la Garonne, à vocation résolument urbaine. Des échanges entre les deux rives se font et des itinéraires empruntant le pont Chaban sont testés par les automobilistes bordelais à la recherche des parcours les plus rapides, à défaut d’être les plus courts.

 


plan-circulation-bordeauxLes derniers seront les premiers

Les techniciens de la CUB ont ainsi mis au banc d’essai trois itinéraires pour rejoindre à la même heure la place Latule depuis la Barrière de Toulouse, et ceci dans les deux sens. Des véhicules se sont ainsi élancés aux heures de pointe (8 h et 17 h) et ont été chronométrés. Les résultats peuvent sembler surprenants : c’est l’itinéraire le plus long, celui qui occasionne deux franchissements de la Garonne qui s’avère le plus rapide (voir carte).

Pour la CUB, ce pont Chaban, c’est déjà de l’histoire ancienne. Leur quotidien consiste à mesurer l’impact du futur pont Jean-Jacques Bosc (ouverture prévue en 2018) sur le trafic de l’agglomération. Des estimations ont déjà été faites sur le même mode que le pont Chaban. Selon les premiers résultats, les deux ponts devraient supporter à terme la même densité de circulation soit environ 20 à 25 000 véhicules/jour. L’essentiel des études prospectives concerne la façon dont on va boucler la boucle des boulevards intérieurs, possible grâce aux deux nouveaux ponts. Il s’agira ainsi de réaliser la rocade de Bordeaux déjà prévue au 19ème siècle. Les élus planchent déjà aussi sur le mode de transport en commun qui desservira ce nouvel itinéraire. Les matières grises de la CUB sont à l’œuvre avec confiance et sérénité, celles que leur procurent la réussite du pont Chaban.

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