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Home À la Une Bordeaux : le calme après la tempête des prix

Notaires, sites spécialisés, agence nationales, professionnels locaux… Toutes les analyses convergent pour saluer l’excellent tenue du marché immobilier bordelais. On parle à son sujet d’exception et même de bulle. Celle-ci n’est pourtant pas entrée dans une phase spéculative Après la flambée des prix constatée au cours de ces dernières années, on est entré dans une période plus raisonnable. Effets de la crise ou sagesse des acteurs du marché ? Les deux assurément.

Les chiffres compilés par les notaires sont formels : au cours des dix dernières années, c’est à Bordeaux que l’inflation des prix immobiliers a été la plus forte. Le coût des appartements anciens a augmenté, durant cette période, de 112 % et celui des maisons anciennes de 72 %. Seule la ville de Lille a connu une progression quasi identique au cours de ces dix dernières années.
Une valorisation flatteuse que peuvent envier des villes comme Grenoble ou Angers qui n’enregistrent que des plus-values d’environ 40% en moyenne (45 pour les appartements et 30 pour les maisons).
Cette progression spectaculaire comble de bonheur les acquéreurs de biens bordelais qui sont passés à l’acte au début des années 2000, ne remet pas en cause l’attractivité de la capitale de l’Aquitaine.

Accroître l’offre de biens
Selon les estimations de la Fnaim, parmi les grandes agglomérations françaises, seule Toulouse a un prix moyen du m2  légèrement inférieur à celui de Bordeaux. En comparaison, le prix moyen du  m2 s’élève à 3 201 € à Lyon ou encore de 6 282 € à Paris. Ces données n’ont qu’une valeur indicative et comme toute moyenne, elles ne reflètent pas la réalité des quartiers. Ainsi à Bordeaux, des différences importantes de prix sont constatées entre Saint-Seurin ou le Grand Parc. Grâce à une offre immobilière moins chère qu’ailleurs, Bordeaux est aujourd’hui l’une des villes les plus recherchée. Elle devrait le rester si l’on tient compte des programmes immobiliers en cours dans plusieurs de ces quartiers. Pour contenir les prix de l’immobilier, le meilleur moyen est encore d’accroître l’offre des biens. Il reste à souhaiter pour les promoteurs que la demande reste soutenue pour éviter les risques de déflation et en cas de crise de vente à perte.

 

 

Merci qui ?

En 2013, sur le territoire de la Communauté Urbaine de Bordeaux, les professionnels enregistrent une hausse des ventes d’appartements neufs de 27 %. C’est l’un des meilleurs résultats sur une vingtaine d’agglomérations ou départements avec lesquels des comparaisons ont été établies. En France, la progression moyenne n’est que de 1,4 % de vente en 2013 comparée à 2012. En volume, Bordeaux et sa périphérie parviennent à éviter la casse que connaissent de nombreuses régions. En 2013, 3 266 ventes ont été effectuées, soit le même niveau qu’en 2009. Alain Ferrasse, le président de la Fédération des Promoteurs Immobiliers d’Aquitaine, n’hésite pas à saluer le dynamisme des collectivités locales lorsqu’il est amené à commenter ces chiffres. Selon lui, les explications de la bulle bordelaise sont à rechercher dans les nouveaux programmes immobiliers qui n’auraient pas vu le jour sans le volontarisme politique des pouvoirs locaux. L’exemple le plus souvent cité est celui des Bassins à flots portés à bout de bras par la ville de Bordeaux, la CUB et l’Etat via le Port autonome. De nombreuses grues sont encore dans le ciel de Bacalan, mais tôt ou tard elles disparaîtront, au fur et à mesure de l’achèvement des constructions. Ne risque-t-on pas alors de connaître le creux d’une vague ? Non, car d’autres programmes immobiliers sont sur le point de sortir de terre. Sur la rive droite, Bastide-Niel, Brazza et de l’autre côté de la Garonne, on attend beaucoup (trop ?) du programme Euratlantique. Le développement attendu de Ginko ainsi que la poursuite de l’opération «  50 000 logements » lancée par la Cub à l’époque où Vincent Feltesse en était le président.

À son sujet, Elisabeth Touton qui coordonne désormais l’aménagement urbain pour la ville de Bordeaux et la Cub s’est montrée très favorable à la poursuite de ce programme déclarant même à nos confrères d’Objectif Aquitaine « il faut trouver dans les prochains mois les moyens d’aller plus vite ».

Rappelons que ce concept repose sur l’attribution à des architectes d’ilots à construire autour des lignes de tram existantes ou à venir. Pour l’heure un petit millier de logements sont en cours de réalisation. Il en reste…
49 000 à bâtir.

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