Home À la Une Bordeaux 2014 : les forces et les farces en présence

Le duel Feltesse-Juppé ne doit pas faire oublier que d’autres listes cherchent à faire entendre leurs voix dans l’espoir d’en récolter.

Vincent Maurin (Front de Gauche-PCF)
Conseiller municipal sortant (PCF), Vincent Maurin a choisi avec ses camarades du Front de Gauche de ne pas faire liste commune avec les Verts et le PS comme en 2008. Vincent Maurin peine à faire entendre ses différences avec ses alliés socialistes du Conseil Municipal. Il cherche à le faire en pratiquant la surenchère en terme de création d’emplois, de crèches, de logements sociaux et en demandant davantage de moyens pour l’école et les associations. En entendant Vincent Feltesse qualifier de « bon » le bilan d’Alain Juppé, en ouverture de sa campagne, Vincent Maurin pensait développer le thème favori de son parti, celui du « Bonnet rose et Bonnet blanc ». Les socialistes ont par la suite durci le ton et restreint du même coup l’espace politique du Front de Gauche.
www.vincentmaurin.fr

Philippe Poutou (NPA)
En politique la notoriété ne fait pas tout, la preuve le score attendu de l’hyper-médiatisé Philippe Poutou. Les sondages les plus récents le créditent d’un modeste 3%. La crise aurait pu donner un regain d’intérêt aux thèses de l’ultra-gauche. Cela ne semble pas être le cas. Comme en 2008 et sans doute en 2020, Philippe Poutou mène une campagne sérieuse et désintéressée en expliquant à ses fidèles qu’il ne faut rien attendre du gouvernement socialiste ni de ses représentants locaux , à la ville comme à la Cub. Une thèse qui n’est pas sans rappeler celle du Front National et du Front de Gauche, d’où le désarroi de l’électorat qui voudrait profiter de ces municipales pour sanctionner la politique Ayrault. http://npa2009.org

Stéphane Boudy (PIC)
Stéphane Boudy, le fondateur du Parti Indépendant pour la Culture (PIC) cherche à apporter une voix nouvelle à ce débat. Malheureusement, son colistier en 2008, Marc Vanhove peut en témoigner, les petits candidats restent, malgré leurs efforts, d’illustres inconnus. Dommage, car Stéphane Boudy a un CV attrayant et des colistiers talentueux : infatigable voyageur, fasciné par l’Asie, il se dit citoyen du monde assume ses sympathies pour la gauche sans sectarisme à l’égard de la droite. Ancien prof de philo, à 42 ans il est le benjamin des têtes de liste de cette campagne. Il est l’auteur de plusieurs ouvrages dont un roman titré : Les Figurants. Tout un programme.
http://lepic.hautetfort.com

Jacques Colombier (FN)
C’est sur ordre de Marine Le Pen que Jacques Colombier a abandonné ses terres du Médoc où il rêvait de s’implanter pour se présenter à Bordeaux. Candidature de témoignage ? Son score confidentiel obtenu en 2008 incite à le penser. Le camp Juppé qui ne laisse rien au hasard a un temps cru que la montée du Front National aurait des répercussions à Bordeaux. Si l’on en croit les sondages, cela ne semble pas être le cas. Le Port de la Lune n’est décidément pas un terrain favorable aux idéaux de la famille Le Pen, de père en fille.
www.fn33.fr/jacques-colombier

Franck Baloney (Perspective 33)
Ce candidat trouble-fête s’inscrit dans la grande tradition des saltimbanques qui ont retenu que dans « scène politique » il y a le mot scène. Mouna Aguigui, pour les plus anciens, Coluche, Dieudonné et plus récemment Christophe Alévêque ont voulu participer à des joutes politiques pur mieux en dénoncer les règles. A Bordeaux, chacun se souvient de la liste loufoque qui s’était présentée en 1995, avec comme principale mesure à son programme : « Couler le Colbert ». La démonstration par l’absurde, que la politique est une chose trop drôle pour ne pas être confiée à des humoristes, a ses limites dans une période où l’anti-parlementarisme est devenu une menace pour la démocratie. Il serait injuste de faire ce reproche à Franck Baloney, tant sa candidature et sa campagne restent confidentielles. Dans son programme, on repère quelques propositions facétieuses comme cette idée de creuser un tunnel pour relier Bordeaux au Cap Ferret ou ajouter un troisième robinet aux éviers bordelais pour y faire couler le vin. Franck Baloney est un nom de scène. Une fois retombé le rideau de ces élections, on retrouvera Frédéric Felder, scénariste de BD et membre du collectif Les Requins-Marteaux.
www.perspective33.fr

Fanny Quandalle (Lutte ouvrière)
Après avoir obtenu 502 voix en 2008, soit 0,62% des suffrages, on pensait que Lutte Ouvrière ferait l’impasse sur cette élection locale qui sied mal à ses préoccupations exclusivement nationales. Mais c’est mal connaître la discipline de cette formation qui se doit d’être présente à tous les rendez-vous électoraux pour ne pas disparaître. Chez LO, le parti d’Arlette Laguiller et de Nathalie Artaud, on fait confiance aux femmes pour occuper les premiers postes et c’est Fanny Quandalle qui conduira une liste de soixante militants. Dans le civil, elle est -comme son camarade et néanmoins rival Olivier Besancenot- postière.
www.lutte-ouvriere.org

 

ET AUSSI
Le 25 février, le liste des candidats n’était pas close, Yves Simone, l’infatigable guide touristique de Bordeaux battait le rappel de ses amis pour constituer une liste afin de profiter de la tribune des municipales pour parler encore et toujours de la mise en valeur du patrimoine bordelais et de la défense de l’environnement.

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