Home À la Une Architectes, promoteurs, bâtisseurs… au tableau d’honneur

Avec le Printemps arrive la saison des prix et des récompenses. Le cinéma célèbre ses meilleurs ouvriers à Cannes, pour l’architecture et l’urbanisme, la biennale Agora est devenue un rendez-vous majeur.

Le palmarès de la sixième édition d’Agora sera officiellement proclamé à la rentrée au moment de la tenue de cette manifestation du 11 au 14 septembre (Hangar 14). La liste des prix décernés est d’ores et déjà connue. C’est Youssef Tohmé, le commissaire général de l’exposition, qui a donné le nom des lauréats à l’occasion d’un point presse organisé début mai.
Pour le prix de l’architecture, le jury présidé par Edouardo Souto de Moura (prix Pritzker 2011) a examiné 75 dossiers.
Dans la catégorie « Logement collectif social », c’est le groupe Aquitanis qui se distingue avec deux de ses programmes, l’un rue Raymond Lavigne (Botanica) et l’autre rue du Petit Cardinal, remarquable pour son ossature bois.
Pour le logement collectif privé, c’est le groupe Bouygues Immobilier qui remporte la palme avec son immeuble construit sur l’ilot Canopée au cœur de l’éco-quartier Ginko. Dans le domaine de la réhabilitation, le favori a été primé, à savoir le travail effectué pour le compte de la SAS Darwin-Bastide à la Caserne Niel, dans les anciens bâtiments aujourd’hui transformés en locaux d’activités.

La chaufferie bio-masse dans le quartier Ginko, tout de bois vêtu, a également reçu un prix, celui décerné aux bâtiments industriels.
Pour la maison individuelle, c’est l’architecte bordelais, c’est Olivier Carcaly qui a été récompensé pour son concept baptisé Maison Haussu Meian, située 4 allée des Pins à Bordeaux.
Il s’agit d’une petite maison (moins de 100 m2 au sol) d’habitation qui s’inspire des préceptes de l’architecture japonaise d’où son nom. Le jury d’Agora a été séduit par le choix d’Olivier Carcaly pour une structure porteuse en lamellé collé bois et les façades recouvertes d’un clair voie en sapin. On parle à son sujet de « composition minimaliste ».
Toute la profession qui œuvre dans le secteur du bâtiment, comme les élus, seront très attentifs aux travaux des lauréats de la catégorie « Appel à idées ».
Le principe de ce concours est de faire « plancher » les architectes (étudiants, débutants ou confirmés) sur un thème commun.
Ainsi, lors des précédentes éditions d’Agora, l’exercice imposé a porté sur : « Habiter les chais », « Les cœurs d’ilots » ou encore « la réhabilitation des échoppes ».
Cette fois-ci, l’Appel à idées portait sur les possibilités originales (autant que faire se peut) qu’offrent les toits pour augmenter la surface d’habitation des logements et/ou embellir les bâtis existants et ceci dans le centre ville de Bordeaux.
82 équipes ont relevé ce défi et le jury présidé par Francisco Bandarin (membre de l’Unesco) en a retenu cinq pour son palmarès.
Le premier prix, intitulé « Bordeaux augmenté » est allé au collectif parisien « Capitaine Madon ». Le second baptisé Sky-Lab est l’œuvre des ateliers Gamany de Paris (le projet est présenté sous la forme d’une BD !). Le troisième désigné sous le nom de « Pignons sur vues » a été réalisé par une équipe d’architectes : les Ateliers perchés ; le quatrième a lui aussi un nom évocateur : « La danse des toits » (François Desbois et Samir Ellouzi, architectes). Et enfin le cinquième fait la part belle au verre et a choisi pour nom : Bordeaux altana (Lucien Puech, architecte).
Chaque équipe en compétition a fourni un descriptif plus ou moins élaboré de ses idées, ainsi que de nombreux croquis et images de synthèse assez bluffantes pour la plupart.
On connait les limites de l’exercice à savoir les difficultés pour passer de la planche à dessin à la réalité du terrain. Alain Juppé a exprimé un à priori très favorable à cette démarche, estimant que beaucoup d’idées fournies par ce concours étaient intéressantes et que l’utopie ne demandait qu’à devenir réalité. Il sera intéressant d’examiner leur faisabilité technique et réglementaire dans les mois à venir si un maître d’œuvre les met en chantier. Le fait d’avoir choisi un représentant de l’Unesco, comme président de jury, est plutôt bon signe.

Autres prix
Des prix encore des prix, notamment ceux qui ont été remis à l’occasion du récent Salon Aquibat organisé au Parc des Expositions du 19 au 21 mars. Le concours du CDPEA (Construction Durable et Performances Energétiques en Aquitaine) installé à Blanquefort a séduit une quarantaine d’équipes d’architectes.
Comme pour Agora, le jury a retenu plusieurs catégories : maisons individuelles, bâtiment tertiaire, bâtiment collectif et équipement public.
En plus de l’esthétique et de l’originalité des partis pris architecturaux, le critère majeur pour départager les dossiers en compétition portaient sur les choix techniques opérés par les maîtres d’ouvrage dans les domaines des économies d’énergie, du choix des modes de chauffage, des procédés d’isolation… le tout dans une optique du respect des principes du développement durable.
Le jury a été favorablement impressionné par les performances affichées par une construction située dans le quartier des Chartrons, 43 rue Surson.
Pour les matériaux, l’architecte, propriétaire des lieux (Olivier Bienfait) a privilégié le bois (panneaux massifs contrecollés) et le zinc prépatiné.  Les performances techniques sont remarquables et devraient valoir à cette maison la classification BBC (42 kWh/m2/an).
Pour en savoir plus : www.atelier-baobab.fr

Une autre maison située dans le quartier de la Benauge a elle aussi séduit le jury pour son allure générale (elle est posée sur pilotis) et ses partis pris. On trouve notamment un potager sur le toit de l’habitation, un autre dans le cœur de la maison (patio à ciel ouvert) et un troisième au pied des pilotis. Cette maison a été conçue par l’architecte Ludovic Lachavanne) pour être la plus économe possible en énergie. Elle y parvient grâce à un chauffage gaz à condensation, une ventilation naturelle et une remarquable isolation.
Pour en savoir plus : www.pra-architectes.com

De son côté, la Fédération des Promoteurs Immobiliers d’Aquitaine Poitou-Charentes a publié à la mi-avril son palmarès des programmes réalisés ou en cours d’achèvement dans la région. Pour afficher ses ambitions de bâtisseurs, la Fédération appelle cette compétion : « Les Pyramides d’Argent » soyons immodestes !
Bien que régionale, ce concours a surtout récompensé le travail effectué par les promoteurs de la place bordelaise. C’est ainsi que le grand prix régional parrainé par le Crédit Foncier a été décerné au programme Nobilis de Bordeaux-Caudéran. Il s’agit d’un bel immeuble de 18 logements au confort thermique renforcé et proposant en accession des appartements avec terrasse. Ce standing a un prix : 4 300 € le m2.
Ce bâtiment est réalisé par une équipe composée de AFC Promotion en partenariat avec l’Atelier architecture Alonso-Sarraute. Ce même programme a reçu des mains d’Alain Ferrasse, le président de la Fédération des Promoteurs, le prix de l’esthétique immobilière. Bravo à tous ces lauréats !

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