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Après Paris certes, mais avant Los Angeles, Bordeaux possède ce haut lieu de l’hôtellerie moderne et décalée qu’est un Mama Shelter. De quoi voir la vie en rose…

Les soirées «badgées» avec filtrage à l’entrée et présence de nombreux VIP étaient jusqu’alors l’apanage des grands châteaux bordelais. Pour son inauguration, le Mama Shelter est entré dans le cercle des évènements mondains et courus. Les intervenants au micro avaient, pour la circonstance, l’âme philosophe. Serge Trigano, le maître des lieux, a notamment cherché à nous convaincre que c’était bien plus qu’un hôtel-restaurant qui s’ouvrait dans notre ville, mais un lieu de vie idyllique attendu par tous les bordelais. Dans ces grandes occasions, Philippe Starck -décorateur des lieux- n’a pas son pareil pour donner à ses créations une dimension cosmique insoupçonnée. Alain Juppé, convié à cette cérémonie, ne s’est pas laissé entraîner sur ce terrain de l’allégorie. Il a tenu à faire court et direct en invitant les responsables de ce nouvel établissement à veiller à ne pas troubler la tranquillité du voisinage. Mama… mia. Contrairement à Starck, personne ne lui a demandé de faire un dessin pour expliquer son propos.

Et ce fameux Mama Shelter, comment se présente-t-il ? Plutôt séduisant au premier contact. La déco est gentiment décalée avec une touche enfantine comme l’aime son auteur. Urbanités obligent, on y retrouve les poncifs du street art astucieusement mélangés avec un confort bourgeois décomplexé et de bon aloi.  Le rose-pantone-malabar règne dans les étages et les coursives. Il faut y voir un trait d’humour du décorateur mama-licieux, connu par l’état civil sous le nom de Philippe… Malabar. L’héritage de papa Trigano, l’inventeur du Club Méd, se voit aux consignes qui ont été données au personnel. Un accueil au Mama Shelter se doit d’être souriant et enjoué. Il l’est, au point qu’on s’attend une fois entré dans les lieux à se retrouver avec un collier de fleurs autour du cou. Ces sourires radieux contrastent avec l’obscurité des lieux. Le refuge de Mama ne dispose pas de baies vitrées où entre le soleil. On a donc pris le parti de recourir à l’éclairage indirect. Le bar lumineux est du meilleur effet mais les loupiotes au-dessus des tables du coin pizza sont moins efficaces. Côté restaurant, les petits budgets iront se réfugier sous ces mêmes loupiotes pour éviter que l’addition ne franchisse le seuil des 20 €. Une chose impossible aux autres tables. Les chambres sont sans doute ce que le Mama Shelter fait de mieux et le rapport qualité/prix/confort va faire pâlir la concurrence. Là où le Mama va aussi en épater plus d’un, c’est lorsque sa terrasse panoramique sera ouverte. C’est prévu au printemps. Le panorama est à couper le souffle et la vue de Bordeaux, est mama… gnifique.

 

Mama Shelter
19, rue Poquelin Molière
Tél : 05 57 30 45 45

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